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Accessibilité des handicapés : Les commerçants peinent à se mettre aux normes

C’est une marche de quelques centimètres à l’entrée d’un hôtel, des portes battantes sur le seuil d’un bureau de poste ou des toilettes au sous-sol d’un restaurant. Des détails insignifiants aux yeux de personnes valides qui se transforment en obstacles quotidiens pour plusieurs millions de personnes à mobilité réduite.

Planifiée dans la loi du 11 février 2005, l’accessibilité des lieux publics devait être opérationnelle au 1er janvier dernier. Dix ans après ce vote hautement symbolique, seul un tiers des établissements s’avère aux normes. Un revers annoncé dès 2013 dans un rapport réalisé par la sénatrice PS de l’Essonne, Claire-Lise Campion: « La France ne sera pas au rendez-vous de 2015 ». Pour contrer cet échec, le gouvernement a présenté l’année dernière un projet de loi, adopté ce 21 juillet, permettant de reporter les délais d’aménagement des entreprises publiques et privées. Un geste salué par les associations de petits commerçants qui peinent à réaliser les travaux nécessaires.

« Pas la priorité »

Les établissements qui accueillent moins de 200 personnes, soit 80% des structures concernées par ces normes, auront désormais jusqu’en 2018 pour devenir accessibles aux personnes handicapées. Toutes doivent en revanche déposer un agenda d’accessibilité programmé (Ad’Ap) avant le 27 septembre. Une mesure bien accueillie par Jean Luc Gosse, Président de Terre de commerce, une fédération de commerces et services de proximité des Bouches-du-Rhône, qui juge toutefois injustes les sanctions infligées en cas de non conformité: « Certains commerçants traversent une crise économique aigüe. Quand ils n’ont aucune visibilité à court ou moyen terme et qu’ils n’ont pas l’assurance de pouvoir payer leurs salariés à la fin du mois, les travaux d’accessibilité ne sont clairement pas la priorité ».

Des dérogations sont prévues pour ces commercants en difficultés afin d’étaler les travaux sur six ou neuf ans. Evelyne Mahes, Présidente de la chambre syndicale des hôteliers de Paris abonde: « Dans l’hôtelerie, ce sont des travaux très lourds. Dans mon établissement, je dois compter au minimum 50.000 euros par chambre et je ne suis pas sûre de voir un jour un retour sur investissement ». L’argument économique, c’est pourtant l’un des arguments avancés par Ségolène Neuville, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées.

Une communication insuffisante

Outre les disparités en matière d’investissement, les professionnels déplorent une méconnaissance des impératifs fixés par la loi: « Les chambres de commerce et d’industrie et les préfectures sont venus à notre rencontre mais je ne suis pas certain que le message soit passé au niveau individuel », estime le Président de Terre de commerce. Evelyne Mahes, elle, craint également pour les établissements qui ont déjà réalisé les travaux: « Certains commercants ne savent pas qu’il est également nécessaire de se déclarer auprès de la préfecture pour indiquer qu’ils sont déjà aux normes…» Selon elle, beaucoup de gérants croient également que l’accessibilité se limite aux seuls handicapés moteurs. Or la loi prévoit des aménagements spécifiques pour les malvoyants comme des rampes ou des plots podotactiles en bas et en haut des escaliers.

Des associations désabusées

Jusqu’au dernier moment, les associations auront tenté de s’opposer à ces nouveaux délais. Pour les représentants des personnes handicapés, l’Etat n’a que trop tardé et les difficultés économiques des petits commerçants n’expliquent en rien l’inertie actuelle. La première loi à introduire la notion d’accessibilité date de 1978. Près de quarante ans après, cet énième report d’aménagements passe mal. Dans un communiqué publié le 7 juillet dernier, l’Association des paralysés de France s’est dit « exaspérée par ce mépris des parlementaires, du gouvernement, de l’Etat pour les difficultés vécues par les personnes en situation de handicap et toutes les personnes gênées quotidiennement dans leurs déplacements ». L’enjeu reste immense, la secrétaire d’Etat a annoncé qu’elle souhaitait que 800.000 établissements supplémentaires soient accessibles aux personnes handicapées dès 2018.

Source: 20Minutes.fr

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