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Les cinq propositions des artisans pour embaucher

Le 1er juin dernier, elle a présenté au Premier ministre, Manuel Valls, cinq propositions afin de «déverrouiller la création d’emploi dans les 1 300 000 entreprises de proximité, soit au total 40% du total des entreprises». Ces propositions qui visent à embaucher plus facilement touchent à l’apprentissage. Les explications de Stéphane Lévêque, le président de l’UPA Ile-de-France.

• Revoir le rythme d’apprentissage

«Nous devons aller à l’envers de la tendance actuelle. Aujourd’hui les apprentis vont une semaine à l’école, une semaine chez nous. Ils ne sont pas assez chez l’artisan. On n’a pas le temps de leur faire une formation, ils repartent déjà à l’école. Le cœur du métier, il faut s’en souvenir, c’est d’apprendre sur le tas.»

Stéphane Lévêque qui tient avec son épouse une pâtisserie dans à Maisons-Laffitte ajoute :

«Nous, nous sommes sur une activité qui nécessite une réactivité. On vend des gâteaux. Les demandes fluctuent. Il faut répondre présent.»

• Une période d’essai de 2 à 6 mois

Selon le patron de l’UPA IDF, il faut revoir la période d’essai des apprentis.

«Avec le rythme dont je vous ai parlé précédemment, comment juger un apprenti au bout de deux mois d’essai ? Le jeune ne sait pas si le travail lui plaît et nous ne pouvions pas l’évaluer.»

Au final, les deux mois sont passés, le jeune s’aperçoit que la filière qu’il a choisie ne lui convient pas mais reste tout de même sans grande motivation dans l’entreprise.

«Ensuite soit on casse le contrat aux prud’hommes et le délai est énorme, soit on le garde un an ou deux ans. Les parents préfèrent que leur fils ou fille continue pour qu’il ne soit pas dans la rue.»

• Une meilleure orientation

Troisième priorité qui n’est pas nouvelle. Organiser une meilleure orientation des élèves de 3e avant le choix de leur apprentissage.

«Un quart des contrats ne va pas jusqu’au bout. Les apprentis arrivent en septembre et repartent en novembre. À un mois des fêtes lorsque l’activité explose. Les jeunes sont mal orientés. Ils découvrent qu’il faut travailler les samedis, les dimanches. Il faudrait qu’ils sachent ce qu’ils veulent faire. Pour cela, on pourrait imaginer que l’année de la 3e dès le mois d’avril, ils puissent déjà se rendre en stage dans l’entreprise qu’ils ont choisie à la rentrée. Ils y resteraient pendant deux, trois semaines pour avoir une vision réelle des choses. Ce n’est pas en deux jours qu’ils peuvent se faire une idée précise du travail.»

Si Stéphane Lévêque reconnaît encore que dans 80% des cas, les choses se passent bien, il voit arriver beaucoup de jeunes apprentis qui font un stage pour faire un stage. Ils viennent chercher un stage plutôt qu’un métier, à l’entendre.

• Quel représentant du personnel ?

Les artisans sont encore confrontés à la “loi pour le dialogue social et le soutien à l’activité des salariés”. Les seuils sociaux prévoient l’obligation d’avoir un délégué du personnel.

«Quand vous êtes moins de dix dans une petite entreprise comment voulez-vous faire? À huit avec quatre apprentis et un couple qui a monté la TPE ou la PME comment faire ? Personne ne veut être délégué. Il faudrait quelqu’un au sein de la branche mais pas dans l’entreprise.»

• Moderniser le code du travail

Les artisans ne sont pas les seuls à le réclamer. On a affaire à un texte ancien qui laisse apparaître des aberrations. «Un apprenti dans la peinture ne peut pas monter à l’échelle», ajoute le pâtissier. Les jeunes en formation qui peuvent commencer à 15 ans n’ont pas le droit de toucher des machines qui sont pourtant incontournables dans leur profession : le laminoir qui couche la pâte.

«Il faut attendre qu’ils aient 18 ans. On a à chaque fois une visite de l’inspection du travail qui vérifie si les textes sont bien respectés.»

Les artisans en appellent comme d’autres à réformer le code du travail. Si tout le monde est d’accord, on cherche encore à connaître le politique qui osera s’y atteler.
Reste enfin des mesures qui vont dans le bon sens. Le CICE

La formation pourrait déboucher sur plus d'embauches.
La formation pourrait déboucher sur plus d’embauches.

(crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) tant décrié commence à porter ses fruits.

«Les charges baissent et les cotisations familiales sont supprimées. Au final, on paie moins d’impôts, reconnaît avec honnêteté Stéphane Lévêque. Le CICE vient se déduire des impôts et des cotisations sociales. C’est franchement pas trop mal comme dispositif.»

Source: CourrierdesYvelines.fr

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