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La Confédération de la boulangerie-pâtisserie dénonce l' »instrumentalisation » du cas des Landes

Paris, 12 mars 2015 – Le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie, Jean-Pierre Crouzet, a dénoncé jeudi l' »instrumentalisation » politique de l’affaire du Boulanger des Landes, contraint de fermer un jour par semaine après une mise en demeure de l’Inspection du travail.

 

QUESTION: Pourquoi êtes-vous opposés à l’ouverture des boulangeries sept jours sur sept, comme le réclame ce boulanger’

REPONSE: « Il s’agit d’une réglementation adoptée de façon démocratique par les représentants de la profession en 2012, et réaffirmée le 25 février dernier lors d’un conseil d’administration. Je souligne au passage que nous ne sommes pas du tout opposés au travail dominical. Depuis 1976, des boulangeries sont ouvertes le dimanche, moyennant une rémunération des employés majorée de 20%. Mais l’ouverture 7 jours sur 7 présente un danger pour notre profession. Un tel changement de réglementation ne concernerait que 5% des boulangeries, celles qui ont assez de personnel pour établir un roulement de 7 jours, et ainsi favoriserait inévitablement les plus gros au détriment des plus petits. »

Q: Ne faut-il pas toutefois revoir la réglementation en vigueur et y introduire plus de souplesse’

R: « La réglementation actuelle permet aux jeunes boulangers de pouvoir s’installer. Si les jeunes qui ouvrent un commerce sont tenus de travailler 7 jours sur 7 pour être concurrentiels, ils fuiront la profession car ils seront assurés de vivre un enfer. Or nous manquons déjà de 10.000 boulangers en France. Une boulangerie qui compte trois ou quatre employés ne peut fonctionner sur un tel rythme ou alors ce serait au détriment de la qualité du produit. Le risque est grand de tomber dans l’ère de la boulangerie industrielle. Les jours de fermeture stimulent la concurrence en permettant à un client de tester une autre boulangerie une fois par semaine. Il existe par ailleurs déjà une certaine souplesse avec des autorisations d’ouverture 7 jours sur 7 données dans des zones touristiques, durant la période estivale ou encore à l’occasion de certaines fêtes. Ces autorisations sont données par les préfets après consultation des organisations patronales et salariales. »

Q: Les dirigeants politiques de droite comme de gauche ont vivement réagi à cette obligation de fermeture un jour par semaine imposée à ce boulanger. La France est parfois « le pays d’Ubu » a commenté le Premier ministre Manuel Valls. Nicolas Sarkozy et Nathalie Kosciusko-Morizet ont reçu ce boulanger, Stéphane Cazenave, au siège de l’UMP et lancé une pétition. Quelle est votre réaction à cette polémique’

R: « Cette instrumentalisation me révolte. Dans cette histoire, Stéphane Cazenave n’est qu’un jouet au service d’un coup politicien. L’occasion était trop belle au beau milieu du débat houleux sur la loi Macron. J’ai eu M. Cazenave longuement au téléphone. Il est conscient que demain il sera oublié par celles et ceux qui hier encore le serraient d’amour dans leurs bras pour mieux l’étouffer. Cette mascarade cache mal le mépris de ces personnalités politiques à notre endroit et cela, nous ne pouvons l’accepter. Notre activité est le fruit d’un équilibre délicat qu’il ne faut pas rompre pour faire plaisir aux démagogues en mal d’électeurs. »

Propos recueillis par Sylvain ESTIBAL pour le journal L’Express.

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