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Les indépendants excédés par leur régime social

Attaqué de toutes parts et miné par des mouvements appelant à le quitter, le régime social des indépendants affirme pourtant améliorer ses services. L’affaire prend un tour politique.

Depuis des mois, le ras-le-bol monte chez les indépendants, excédés des dysfonctionnements de leur régime de protection sociale, le RSI, devenu en 2008 la seule «Sécu» des artisans, commerçants et industriels. Il y a un an déjà, Le Figaro tirait la sonnette d’alarme, révélant que 74% des professionnels interrogés par le Syndicat des indépendants (SDI), qui regroupe une grande partie des mécontents du système, rencontraient des difficultés importantes avec leur régime social.

Un an plus tard, la situation ne s’est pas améliorée. Puis, elle s’est détériorée si l’on en croit les résultats du nouveau sondage réalisé par le SDI, que Le Figaros’est à nouveau procuré: 90 % des sondés jugent en effet que le service du RSI s’est encore dégradé en 2014, avec toujours des erreurs dans le calcul des cotisations, des difficultés à obtenir le remboursement de soins de santé, des retards dans le versement des droits à la retraite, etc. Un récent reportage sur M6 a même souligné les limites de l’accueil téléphonique, externalisé à un sous-traitant.

«La défiance des indépendants à l’égard du RSI est arrivée à un point de non-retour », prévient Jean-Guilhem Darre, le secrétaire général du SDI, qui propose carrément de rattacher le régime aux Urssaf, qui collectent les cotisations des entreprises en France. «Excédés par le niveau des charges acquittées au titre d’une structure qui n’en finit pas de devoir s’améliorer sans y parvenir concrètement depuis maintenant sept ans, 48,62 % des chefs d’entreprise prônent l’abandon pur et simple du système de protection sociale par répartition au bénéfice d’assurances privées», explique-t-il encore.

À bout de nerfs, les indépendants, qui multiplient les mobilisations ponctuelles en province, se retrouveront le 9 mars pour une manifestation nationale à Paris à côté du Sénat à l’appel du mouvement Sauvons nos entreprises (SNE). Face au mécontentement grandissant, François Asselin, le nouveau président de la CGPME, fera même des propositions début mars «parce qu’il faut que cela change»!

Le Maire s’en mêle

Cerise sur le gâteau, le sujet vient de prendre un tour politique, Bruno Le Maire et 106 députés de droite et du centre demandant la création d’une mission d’information, comme l’a révélé récemment L’Opinion. L’ex-candidat à la présidence de l’UMP recevra même ce mercredi des représentants de Sauvons les entreprises, pour accentuer un peu plus la pression sur le RSI.

S’il reconnaît des dysfonctionnements passés, Stéphane Seiller, le directeur général du RSI, affirme qu’ils sont en voie de normalisation. Et lui non plus n’hésite pas à dégainer un sondage, que Le Figaro s’est aussi procuré, pour prouver ses dires. «Le nombre de réclamations a reculé de 11 % entre 2013 et 2014, à 2 330 pour 2,1 millions de cotisants. Soit seulement 0,11 % de mécontents du service rendu !» affirme-t-il, soulignant que l’affiliation se fait désormais en 15 jours (contre plusieurs mois auparavant) et la radiation en moins de 10 jours.

Et le patron du RSI de tenter de prouver, exemples à l’appui, que l’exaspération des indépendants, souvent mise en avant, n’est plus vraiment justifiée. «Nous avons mis en place un canal dédié pour les parlementaires. Alors que certains disent être assaillis de réclamations, nous n’avons eu que 32 remontées depuis mars 2013», s’étonne-t-il.

Autre preuve selon lui que la situation s’améliore: 74 % des nouveaux affiliés sont satisfaits, contre 65 % des anciens qui gardent en mémoire les dysfonctionnements passés. Le RSI a en effet développé des services pour mieux informer ses assujettis, régler les litiges plus vite et fluidifier les relations. Enfin, alors que les indépendants fustigent un RSI qui «coûte cher et rembourse peu», les intéressés paient moins de cotisations que les salariés. Sur un revenu annuel net de 20.000 euros, la différence serait, tout compris, de l’ordre de 5000 euros!

Quoi qu’il en soit, la machine est pour l’heure grippée et semble dans l’incapacité de renvoyer la moindre image positive, fait accentué par la violence de la crise, qui frappe de plein fouet les indépendants depuis plusieurs années.

 

Source: Le Figaro Entrepreneur

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