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Un compromis sur les OGM voté par les eurodéputés

Le texte va accélérer l’introduction de semences génétiquement modifiées dans l’UE. Mais permet aux Etats de l’interdire chez eux.

Le Parlement européen vient d’entrouvrir un peu plus la porte aux semences de plantes génétiquement modifiées (OGM), sur le territoire de l’Union européenne. Mais il autorise toujours les Etats rétifs (ils sont dix-neuf parmi les Vingt-Huit) à s’opposer à l’introduction sur leur sol d’un OGM autorisé par Bruxelles. Par 480 voix contre 159, les eurodéputés ont adopté en début de semaine un amendement à la directive de 2001, permettant à un pays de l’UE de s’opposer à l’introduction de ces cultures. Le nouveau texte est censé renforcer la valeur juridique de la législation, jugée fragile face aux recours des multinationales.

Ce vote ne satisfait personne. Ni les partisans d’une Europe qui se refuserait de rester à la traîne de cette révolution agricole mondiale ni les opposants à toute présence de plantes pouvant contaminer génétiquement des variétés naturelles. Les pays opposés aux OGM ne pouvaient jusqu’ici qu’avancer des arguments sanitaires ou environnementaux pour justifier leur décision d’interdiction. Ils pourront désormais faire valoir des motifs de politique agricole, d’aménagement du territoire ou d’éventuelles conséquences socio-économiques.

Le nouveau texte prévoit aussi des garde-fous afin d’éviter la dissémination d’une semence OGM d’un pays à l’autre. Mais la détermination des zones tampons à mettre en place est laissée à l’appréciation de chaque Etat. Ce dossier des OGM empoisonne depuis des années la politique européenne, soumise à la fois aux lobbies des puissants semenciers, aux divisions idéologiques et à l’opposition entre l’intérêt économique et le souci écologique. Le blocage européen persistant a fait qu’un seul OGM est actuellement cultivé en Europe, le maïs MON810 de la firme Monsanto. Il est présent sur 110 000 hectares en Espagne, 9000 au Portugal et 3000 en République tchèque, mais aussi en Slovaquie et Roumanie sur des surfaces moindres.

Cette semence est interdite en France depuis la loi de mai dernier. Elle fait l’objet d’un moratoire dans sept autres pays. Sept OGM attendent une autorisation européenne. La mise en place de la nouvelle législation ne devrait pas permettre, en termes de délais, de nouvelles autorisations avant le printemps 2016. D’ici là, beaucoup de choses peuvent encore être discutées ou votées. Ainsi, le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a inscrit parmi ses priorités la révision de la procédure d’autorisation.

En Suisse, le moratoire sur la culture d’OGM a été prolongé jusqu’en novembre 2017. Le 16 août 2013, l’Office fédéral de l’environnement a autorisé l’Université de Zurich à cultiver en plein champ, à titre expérimental, du blé OGM de mars 2014 à mars 2018. Les chercheurs ont aussi demandé de pouvoir tester une pomme de terre OGM.

 

Source: Olivier Bot de TDG

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