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Les prix du pain et de la farine vont-ils repartir à la hausse ?

La volatilité des prix du blé semble de retour. Une des raisons ? La limitation des exportations que les autorités russes viennent de mettre en place pour éviter que le marché domestique ne soit plus suffisamment approvisionné. Cela pourrait avoir un impact dans les autres pays d’Europe sur le prix de la farine et du pain. Le prix des pâtes devrait aussi s’envoler en 2015.

Décidément, tous les yeux sont tournés en ce moment vers la Russie et les effets par ricochet de la chute du rouble. Côté distribution, on sait déjà que les géants sont sur leurs gardes : Apple a suspendu ses ventes, Ikea a fait de même, ainsi que des marques automobiles. Mais la situation risque aussi d’avoir des répercussions sur les prix de l’alimentation, en Russie, où se trouve notamment Auchan, et en Europe.

LES PRIX DE L’ALIMENTATION GRIMPENT EN RUSSIE

En Russie, les effets de l’embargo sur les produits alimentaires européens avaient déjà entraîné une forte hausse des prix de l’alimentation. « Depuis l’embargo , on assiste à une flambée des cours des denrées de base dans le panier de la ménagère russe. Le prix du pain en Russie a augmenté de 10 % sur un mois et celui du sarrasin de 54 %. L’inflationsur novembre sur les produits alimentaires russes est de + 13 % », observe Michel Portier, PDG d’Agritel, un spécialiste des matières premières auquel font appel de nombreuses enseignes pour l’analyse dans le cadre de leurs achats.

RÉDUCTION DES EXPORTATIONS DE BLÉ RUSSE

Mais la chute du rouble, qui a perdu 50% de sa valeur depuis le début de l’année, avait aussi un effet d’attraction pour les producteurs de blé russe à exporter leur marchandise, pour bénéficier des devises, asséchant du coup le marché domestique. D’où la décision des autorités russes de limiter les exportations.  « En durcissant ses contrôles sanitaires et en limitant l’octroi des certificats exports, le Gouvernement russe souhaite augmenter son offre sur son marché intérieur, espérant ainsi faire chuter les cours », ajoute Michel Portier.

LES COURS DU BLÉ TENDRE BONDISSENT

Du coup, les cours de blé tendre ont subitement bondi au cours des derniers jours, pour repasser la barre des 200 euros la tonne  Les flux internationaux sont perturbés, et les cours du blé pourraient bien reprendre une ascension qui a été connue dans le passé. Si l’Egypte et la Turquie ne peuvent plus s’approvisionner en Russie, ces Etats achèteront leur blé en France. Résultats : le prix du pain, de la farine, des gâteaux et tous les produits de panification pourraient augmenter en 2015, dans les rayons des grandes surfaces et dans les boulangeries.

PÉNURIE DE BLÉ DUR POUR LES PÂTES

Pour les pâtes, les consommateurs français n’y couperont pas non plus l’an prochain. En cause, la chute de la production mondiale de blé dur qui a fait flamber les prix. « L’envolée des cours du blé dur constatée ces derniers mois est due à la baisse de la production dans la quasi-totalité des pays producteurs : Canada, États-Unis, Grèce, Italie et Espagne. En France, les surfaces ont régressé d’un tiers en deux ans. En 2014, la production hexagonale s’élève à 1,4 million de tonnes seulement contre 2,4 Mt en 2012 », indique une note d’analyse de France Agrimer.

75 % DE BLÉ DUR POUR FABRIQUER LES PÂTES

Les fabricants de pâtes s’en inquiètent. « Le prix mondial de référence des blés durs subit une augmentation historique de plus de 50 % en douze semaines, hausse qui s’est fortement accélérée par le constat des mauvaises récoltes qui viennent de s’achever au Canada, et qui pourrait continuer à grandir sous l’effet de la demande mondiale. C’est d’autant plus grave que le prix de revient d’une pâte alimentaire de qualité supérieure est constitué à 75 % du prix du blé dur », expose le syndicat des fabricants de pâtes.  Le couscous, également fabriqué avec du blé dur, est dans la même situation.

HAUSSE DE 20 CENTIMES SUR LE PAQUET DE PÂTES

Le patron de Panzani, Xavier Riescher, a indiqué sur Europe 1 que la hausse pourrait avoir comme conséquence « une hausse de 15 à 20 centimes des pâtes alimentaires ».  Des hausses de prix à faire passer lors des négociations commerciales avec les quatre centrales d’achat dont le rapprochement vise justement à obtenir des prix plus bas… Il pourrait y avoir du grabuge sur le marché de la nouille et du spaghetti…

LA CLAUSE DE RENÉGOCATION INAUGURÉE  ? 

Mais France Agrimer, qui est un office gouvernemental, rappelle que « les fabricants de pâtes et semouliers bénéficient aussi désormais de la clause de renégociation des prix pour cause de fluctuation des cours des matières premières agricoles, dans les contrats de vente de plus de trois mois passés avec les enseignes de la grande distribution. Les pâtes alimentaires à base de farine (hors pâtes fraîches) et le couscous ont en effet été intégrés à la liste des produits concernés par la loi relative à la consommation promulguée le 17 mars 2014 (décret du 17 octobre 2014, publié au Journal Officiel de la République française du 18 octobre 2014) ». Cette nouvelle disposition de la loi pourrait donc être inaugurée par les fabricants de pâtes. Sauf que les distributeurs suivent eux aussi les cours des matières premières et qu’ils accepteront probablement des hausses de tarifs, sans passer par la voie de la contrainte réglementaire…

Source: LSA-Conso

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